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Les pénuries de qualification techniques risquent d’entraver le rebond économique

La crise économique touche sévèrement les entreprises et les travailleurs, c’est une évidence et cela a des conséquences sociales que les différents gouvernements tentent, tant bien que mal, d’atténuer ...

Une des conséquences de cette crise a été la quasi mise sous silence des problèmes que représentent pour le développement de nos régions les pénuries de qualifications techniques, manuelles et technologiques.

Dans son numéro de décembre dernier le mensuel HR Magazine publie deux interviews qui nous rappellent combien cette situation perdure, malgré la crise: «La réserve de main d’œuvre a gagné en ampleur, mais pas en qualité» - Corné Verbraak/Tempo Team, «La pénurie de main d’œuvre qualifiée est la vraie crise, l’augmentation du chômage ne change presque rien à la pénurie chronique de main d’œuvre» - Paul Depreter/CEI-Demeyer.

Cela peut sembler paradoxal, mais la croissance du chômage ne conduit pas par définition à un meilleur marché de l’emploi. Les professions critiques demeurent et il y en a même plus qu’auparavant. Personne ne peut prédire avec précision de quoi l’avenir sera fait, mais chacun doit se préparer en vue d’éviter des situations difficiles et de tirer le meilleur parti des occasions qui se présentent. La question essentielle n’est pas de tenter d’anticiper le futur mais de déterminer la manière de l’appréhender.

La Commission européenne prévoit la création d’un grand nombre d’emplois hautement qualifiés en Europe au cours des dix prochaines années et les exigences de qualifications seront également plus élevées pour les postes qui se situent à un niveau intermédiaire ou inférieur de l’échelle de l’emploi. La région wallonne est quant à elle confrontée à des écarts entre l’offre de qualifications et la demande du marché du travail. Elle est confrontée à un taux de chômage élevé de ses travailleurs peu qualifiés (jeunes et âgés) et fait face à un déficit persistant sur le marché du travail de certains groupes de travailleurs, tels que ceux qui sont impliqués dans l’ingénierie et la fabrication, la construction, les soins de santé, les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

D’autre part l’étude européenne «Future skill needs in Europe» précise que d’ici 2020, trois grands domaines d’activités seront particulièrement concernés par une nouvelle et forte dynamique de recrutement: - énergie/environnement; - nano & bio-technologies , -systèmes d’information

 En ce qui concerne l’alliance emploi-environnement, thème majeur des déclarations de politique régionale du nouveau Gouvernement wallon, Florence le Gall de l’Ecole des métiers de l’environnement (Rennes) précise que, si l’environnement recrute bien, il s’agit uniquement de profils techniques: « il y a trop de formations orientées vers l’écologie qui sont trop loin des procédés industriels, elles ne correspondent pas à la demande des entreprises». Beaucoup de métiers «verts» sont en fait des métiers traditionnels appliqués à l’un des domaines de l’environnement.

C’est dire si le plus grand défi est, et restera, d’attirer plus de jeunes, filles et garçons, vers les métiers techniques, manuels et technologiques. Les campagnes d’information et de sensibilisation doivent se multiplier. Ces projets doivent mobiliser d’importants moyens humains et financiers. Ceux-ci devront être amplifiés et mutualisés entre différents partenaires. C’est dans ce sens que s’inscrivent les actions de skillsbelgium, avec le soutien des pouvoirs publics et des partenaires sociaux.

 

Eric Robert

Président skillsbelgium




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